Raymond Gravel a 54 ans. Il est le curé de la paroisse Saint-Joachim-de-La Plaine, dans le diocèse de Joliette, et aumônier de la Fraternité des policiers de Laval. Entré en religion en 1982, après un détour par la prostitution et l’univers enfumé des bars, où il a fut serveur pendant six ans, l’abbé Gravel s’est illustré par ses prises de positions libérales qui tranchent avec les positions officielles de l’Église. Il a notamment prêché publiquement pour une plus grande ouverture de l’Église envers les homosexuels. Dans une entrevue au magazine Fugues, en juin 2005, il affirmait : « C’est vrai que l’Église comme n’importe quelle institution est décevante et même insignifiante. (...) si elle s’inspire de l’Évangile elle devrait être plus ouverte, plus accueillante, plus tolérante et plus révolutionnaire. Par ailleurs, je continue d’espérer que c’est possible d’y arriver si on persiste à la transformer de l’intérieur. Voilà la raison principale qui me fait continuer à y œuvrer. » Ses incartades théologiques lui ont valu les remontrances du Vatican. L’évêque de Joliette a reçu une lettre signée par le cardinal Ratzinger, qui allait devenir le pape Benoît XVI, indiquant que si l’abbé Gravel ne rentrait pas dans le rang, il en subirait les conséquences. Déçu par l’élection de Benoît XVI, l’abbé Gravel se montre toutefois optimiste envers l’avenir de l’Église. Selon lui, le prochain pape sera plus libéral et l’Église finira par respecter la diversité du monde. |